{"id":161,"date":"2017-11-25T15:58:52","date_gmt":"2017-11-25T14:58:52","guid":{"rendered":"http:\/\/inkin-project.com\/?p=161"},"modified":"2023-07-09T18:23:04","modified_gmt":"2023-07-09T16:23:04","slug":"les-tissus-inkin-au-japon-a-lere-moderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/11\/25\/les-tissus-inkin-au-japon-a-lere-moderne\/","title":{"rendered":"Les tissus inkin au Japon \u00e0 l&rsquo;\u00e8re moderne"},"content":{"rendered":"<p>De nos jours m\u00eame au Japon, la plupart des gens n\u2019ont jamais entendu parler des inkin et le sujet n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement gu\u00e8re \u00e9voqu\u00e9 que dans deux domaines, la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 et le montage des \u0153uvres peintes (le <em>hy\u00f4gu<\/em>). D\u2019un point de vue historique, l\u2019entr\u00e9e des tissus inkin dans ces deux univers remonte probablement au 16e si\u00e8cle.<!--more--><\/p>\n<p><strong>Dans la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Dans l\u2019univers de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, les tissus inkin constituent une cat\u00e9gorie de ce qu\u2019on appelle les <em>meibutsugire<\/em>, \u00ab\u00a0tissus fameux\u00a0\u00bb. Outre la dimension spirituelle qui la caract\u00e9rise, la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 pratiqu\u00e9e au Japon constitue un outil de transmission d\u2019une certaine culture mat\u00e9rielle o\u00f9 les c\u00e9ramiques, les ustensiles de th\u00e9 mais aussi les \u0153uvres peintes ou documents graphiques mont\u00e9s sous la forme de <em>kakejiku<\/em> sont appr\u00e9ci\u00e9s par les participants. Plus qu\u2019une simple appr\u00e9ciation, les \u0153uvres font l\u2019objet d\u2019une v\u00e9ritable \u00e9tude et d\u2019un soin conservatoire digne d\u2019une collection mus\u00e9ale. Les ustensiles (bols, bo\u00eete \u00e0 th\u00e9\u2026) les plus c\u00e9l\u00e8bres ont \u00e9t\u00e9 au cours de l\u2019histoire d\u00e9sign\u00e9s <em>meibutsu\u00a0<\/em>(objets fameux, ou encore objets nomm\u00e9s) selon leur histoire, les ma\u00eetres \u00e0 qui ils ont appartenu et les artisans qui les ont cr\u00e9\u00e9s. Les textiles qui servent d\u2019enveloppe \u00e0 ces ustensiles,<em> fukusa, shifuku<\/em> etc, n\u2019ont d\u2019abord pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la m\u00eame reconnaissance. Le <em>Kokon meibutsu ruij\u00fb<\/em>, un catalogue d\u2019objets de th\u00e9 publi\u00e9 entre 1789 et 1797 par Matsudaira Fumai, publie pour la premi\u00e8re fois des textiles sous la cat\u00e9gorie de <em>meibutsugire<\/em>, tissus fameux, consacrant les textiles comme des objets de valeur, ind\u00e9pendamment des ustensiles qu\u2019ils servent \u00e0 prot\u00e9ger. De m\u00eame que les ustensiles <em>meibutsu<\/em>, les <em>meibutsugire<\/em> se voient donc attribuer un nom qui peut \u00eatre celui de la personne \u00a0(possesseur, artisan) ou de l\u2019objet \u00e0 auquel il est rattach\u00e9, ou bien, et c\u2019est souvent le cas, celui de son motif.<\/p>\n<p>Les <em>meibutsugire<\/em> sont pour beaucoup des tissus d\u2019importation, d\u2019origine majoritairement chinoise, mais aussi indienne, perse ou sud-est asiatique\u00a0; beaucoup de tissus chinois remontent \u00e0 l\u2019\u00e9poque Ming (14e-17e s.), parfois \u00e0 l\u2019\u00e9poque Song (12e -13e s.) et Qing (17-20e s.). Depuis toujours les maitres de th\u00e9 accueillaient ainsi des objets d\u2019outre-mer, en admiraient l\u2019esth\u00e9tique et l\u2019int\u00e9graient \u00e0 une culture qui fait aujourd\u2019hui partie des plus repr\u00e9sentatives du Japon.<\/p>\n<figure id=\"attachment_304\" aria-describedby=\"caption-attachment-304\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-304\" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/meibutsugire-cho.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/meibutsugire-cho.jpg 400w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/meibutsugire-cho-300x225.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-304\" class=\"wp-caption-text\">Page d&rsquo;un registre de <em>meibutsugire<\/em>. Coll. Miho Museum. \u00a9 Miho Museum.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les <em>meibutsugire<\/em>, en dehors de leur usage en tant qu\u2019objet au cours de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, font \u00e9galement l\u2019objet de collectionnisme sous la forme de fragments. La pratique de rassembler les fragments dans des registres papiers remonte \u00a0au plus tard au 17e si\u00e8cle. Les pi\u00e8ces de tissu, qui peuvent \u00eatre de grand comme de tr\u00e8s petit format, sont doubl\u00e9es sur du papier et coll\u00e9es dans les registres, class\u00e9es par cat\u00e9gories techniques. On fait appara\u00eetre la plupart du temps \u00e0 c\u00f4t\u00e9 leur nom et parfois leurs dimensions.<\/p>\n<p>Les inkin constituent, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des <em>meibutsugire<\/em>, une cat\u00e9gorie de tissus parmi les plus rares et leurs dimensions sont en g\u00e9n\u00e9ral assez limit\u00e9es. Certainement pour cela, ils sont vendus \u00e0 des prix extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9s et sont souvent consid\u00e9r\u00e9s comme occupant le premier rang dans la hi\u00e9rarchie de valeur des tissus.<\/p>\n<p>Du fait de leur fragilit\u00e9 \u00e0 l\u2019usure, ils sont tr\u00e8s peu employ\u00e9s comme <em>shifuku<\/em> (pochette de bo\u00eete \u00e0 th\u00e9) ou comme <em>fukusa<\/em> (carr\u00e9 de tissu servant de support aux ustensiles), dont l\u2019usage requiert de les manipuler. Ils sont surtout pr\u00e9sents dans les registres, les <em>meibutsugire-ch\u00f4<\/em>, ou dans le montage des \u0153uvres graphiques expos\u00e9es durant la c\u00e9r\u00e9monie. Il existe cependant quelques rares <em>shifuku<\/em>, dont un objet conserv\u00e9 au mus\u00e9e Fujita (publi\u00e9 dans<span style=\"color: #993366;\"> <a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/sources\/\">Suzuki, <em>Meibutsugire jiten<\/em><\/a><\/span>, p.893, fig.1), et qui repr\u00e9sente un petit motif d\u2019\u0153illet sur fond bleu indigo.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9 une grande partie de la documentation concernant les tissus inkin provient des catalogues d\u2019objet de th\u00e9, dat\u00e9s du 18e si\u00e8cle \u00e0 nos jours. Beaucoup cependant reprennent strictement les m\u00eames informations que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs, si bien que la multiplicit\u00e9 des publications ne permet pas vraiment d\u2019enrichir les connaissances sur les inkin. A ces catalogues n\u00e9anmoins l\u2019on doit une classification des tissus inkin en sous-cat\u00e9gories, qui sont repr\u00e9sentatives de la vari\u00e9t\u00e9 des productions qui ont accompagn\u00e9 et\/ou suivi l\u2019importation des inkin de Chine.<\/p>\n<p><strong>Les cat\u00e9gories d\u2019inkin\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Il est \u00e0 supposer que les tissus inkin ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre imit\u00e9s au Japon tr\u00e8s vite apr\u00e8s leur entr\u00e9e sur l\u2019archipel. Au Japon les techniques de d\u00e9cor \u00e0 la feuille d\u2019or et d\u2019argent existaient d\u00e9j\u00e0 depuis le Moyen-\u00e2ge (faisaient-elles d\u00e9j\u00e0 l\u2019emploi de pochoirs\u00a0?) et l\u2019\u00e9poque Muromachi correspond \u00e0 l\u2019apparition de nouvelles vogues de d\u00e9cors de kimonos employant le<span style=\"color: #993366;\"> <a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/11\/24\/au-japon-le-surihaku\/\"><em>surihaku<\/em><\/a><\/span>. Nous ignorons si les artisans de <em>surihaku<\/em> \u00e9taient les m\u00eames que ceux qui r\u00e9alisaient les imitations d\u2019inkin \u00e0 la chinoise, ni s\u2019il s\u2019agissait plut\u00f4t d\u00e8s l\u2019origine de tentatives de la part des monteurs d\u2019\u0153uvres peintes. Les registres de <em>meibutsugire<\/em>, m\u00eame anciens, font appara\u00eetre de nombreuses cat\u00e9gories d\u2019inkin sous des noms qui se r\u00e9f\u00e8rent souvent \u00e0 des lieux o\u00f9 \u00e0 des artisans japonais, et dont les caract\u00e9ristiques techniques montrent une <span style=\"color: #993366;\"><a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/12\/01\/observation-dun-corpus-dinkin\/\">diversit\u00e9 importante<\/a>.<\/span> S\u00fbrement parce que les objets arrivaient de Chine sans documentation, et parce que l\u2019art de l\u2019impression faisait l\u2019objet d\u2019une transmission orale, les artisans japonais ont probablement d\u00fb d\u00e9velopper par eux-m\u00eames de nouvelles techniques d\u2019impression pour l\u2019or, imitant plus ou moins bien le rendu des \u0153uvres chinoises, <em>a minima<\/em> en reprenant les motifs.<\/p>\n<p>Je dresse ci-dessous une liste non exhaustive des cat\u00e9gories d\u2019inkin telles qu\u2019elles sont d\u00e9crites dans les catalogues de th\u00e9. Les aspects techniques de certaines d\u2019entre elles sont d\u00e9taill\u00e9s dans <span style=\"color: #993366;\"><a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/12\/01\/observation-dun-corpus-dinkin\/\">un autre article<\/a>.<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_282\" aria-describedby=\"caption-attachment-282\" style=\"width: 378px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-282\" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/S02.jpg\" alt=\"\" width=\"378\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/S02.jpg 482w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/S02-300x209.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 378px) 100vw, 378px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-282\" class=\"wp-caption-text\">Inkin \u00e0 motifs de rinceaux de pivoines \u00e0 la chinoise, or sur soie violet et blanc. Coll. Hajime Suzuki, Centre de recherches sur les textiles anciens Suzuki, Kyoto. \u00a9 V. Blaise<\/figcaption><\/figure>\n<p><em><strong>Ko inkin\/j\u00f4dai inkin<\/strong><\/em>. Soit \u00ab\u00a0inkin anciens\u00a0\u00bb. Si leur d\u00e9nomination semble d\u00e9signer des objets dat\u00e9s de la Chine des Song \u00e0 Ming, les tissus inkin pr\u00e9sents dans les registres de <em>meibutsugire<\/em> ne sont pas dat\u00e9s et il est \u00e0 supposer que leur classification par les collectionneurs en tant qu\u2019objets antiques rel\u00e8ve d\u2019une appr\u00e9ciation esth\u00e9tique plus que scientifique ou technique \u00e0 proprement parler. Cette cat\u00e9gorisation repose pour beaucoup sur la nature du tissu de fond et se m\u00eale \u00e0 un syst\u00e8me de hi\u00e9rarchie de valeur. Les objets auxquels on attribue le plus de prix sont les pi\u00e8ces imprim\u00e9es sur gaze <em>ra<\/em> (<a href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/11\/25\/les-tissus-de-fond-des-inkin\/\"><span style=\"color: #993366;\">plus de d\u00e9tails<\/span><\/a>), en second celles sur gazes <em>ro<\/em> ou <em>sha<\/em>. A l\u2019int\u00e9rieur de cette cat\u00e9gorie, la couleur violette est la plus valoris\u00e9e, puis le vert tendre, le vermillon, le blanc, etc.<\/p>\n<figure id=\"attachment_131\" aria-describedby=\"caption-attachment-131\" style=\"width: 404px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-131\" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/silk-museum-shanghai-1.jpg\" alt=\"\" width=\"404\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/silk-museum-shanghai-1.jpg 624w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/silk-museum-shanghai-1-300x232.jpg 300w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/silk-museum-shanghai-1-520x402.jpg 520w\" sizes=\"(max-width: 404px) 100vw, 404px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-131\" class=\"wp-caption-text\">Veste imprim\u00e9e \u00e0 disposition, dynastie Yuan (image issue du<a href=\"https:\/\/www.chinasilkmuseum.com\/zggd\/info_21.aspx?itemid=1861\"><span style=\"color: #800080;\"> site du mus\u00e9e de la soie de Hangzhou<\/span><\/a>)<\/figcaption><\/figure>\n<p><em><strong>Oshiwake inkin<\/strong><\/em>. Il s\u2019agit d\u2019une sous-cat\u00e9gorie \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des <em>ko-inkin<\/em>, bas\u00e9e sur l\u2019organisation du motif en plusieurs zones d\u00e9limit\u00e9es faisant l\u2019emploi de pochoirs diff\u00e9rents. Il en ressort un effet contrast\u00e9, tr\u00e8s pris\u00e9 sur les tissus de montage. Les <em>oshiwake inkin<\/em> semblent avoir \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine imprim\u00e9s \u00e0 disposition pour des v\u00eatements (<a href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/11\/13\/de-la-chine-au-japon-histoire-des-tissus-inkin\/\"><span style=\"color: #993366;\">plus de d\u00e9tails<\/span><\/a>).<\/p>\n<p>Un grand <em>oshiwake inkin<\/em> est celui qui figure dans l\u2019un des registres de tissus de la collection Maeda, publi\u00e9 en 1926 dans <span style=\"color: #993366;\"><a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/sources\/\"><em>Ayame no Hana<\/em><\/a><\/span>, puis en 1974 dans <em>Nihon no bijutsu<\/em> (fig.24) et fait figurer c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te un motif de damier de carr\u00e9s fleuris, et un motif de paysage aquatique proche de celui du kinran dit <em>Anrakuande Wakuta<\/em>.<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame logique de classement par composition des motifs, les <em><strong>tobi inkin<\/strong><\/em> (inkin sautant)\u00a0pr\u00e9sentent des petits motifs dispers\u00e9s. Les <em>kinji inkin<\/em> (inkin \u00e0 fond d\u2019or) pr\u00e9sentent, sous un motif principal en g\u00e9n\u00e9ral de pivoines, un fond en r\u00e9seau g\u00e9om\u00e9trique tr\u00e8s dense qui leur vaut leur nom.<\/p>\n<figure id=\"attachment_378\" aria-describedby=\"caption-attachment-378\" style=\"width: 295px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-378\" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0104.jpg\" alt=\"\" width=\"295\" height=\"234\" srcset=\"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0104.jpg 400w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0104-300x238.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 295px) 100vw, 295px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-378\" class=\"wp-caption-text\"><em>Korai-inkin<\/em> figurant dans un registre de <em>meibutsugire<\/em>. Coll. particuli\u00e8re. \u00a9V. Blaise<\/figcaption><\/figure>\n<p><em><strong>K\u00f4rai inkin<\/strong><\/em>. Bien que leur nom fasse r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la dynastie Cor\u00e9enne Goryeo (918-1232) et que les catalogues de Th\u00e9 ancien les d\u00e9finissent comme des objets cor\u00e9ens (sans les relier cependant \u00e0 l\u2019\u00e9poque K\u00f4rai), les <em>k\u00f4rai inkin<\/em> seraient selon Nishimura une production japonaise. Selon Suzuki, il s\u2019agit d\u2019objets d\u2019origine cor\u00e9enne datant du 17e si\u00e8cle et produits dans la lign\u00e9e des<em> ko-inkin<\/em>. Les fragments d\u2019inkin dit <em>K\u00f4rai<\/em> que nous avons pu observer ne montraient pas d\u2019unit\u00e9 stylistique ni technique.<\/p>\n<p><em><strong>Ch\u00f4sen inkin<\/strong><\/em>. Selon le <em>Wakan kinshu ichiran<\/em> (cit\u00e9 dans Suzuki), il s\u2019agirait \u00e9galement d\u2019objets cor\u00e9ens.<\/p>\n<figure id=\"attachment_379\" aria-describedby=\"caption-attachment-379\" style=\"width: 199px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-379\" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0109.jpg\" alt=\"\" width=\"199\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0109.jpg 255w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0109-191x300.jpg 191w\" sizes=\"(max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-379\" class=\"wp-caption-text\">Nara-inkin figurant dans un registre de meibutsugire. Coll. Particuli\u00e8re. \u00a9V. Blaise<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><em>Nara inkin<\/em>.<\/strong> Les Nara inkin auraient \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9s \u00e0 Nara jusqu\u2019\u00e0 une \u00e9poque r\u00e9cente. Leur existence remonte<em> a minima<\/em> au milieu du 18e si\u00e8cle, puisqu\u2019ils sont mentionn\u00e9s dans le <em>Gay\u00fbmanroku<\/em> de 1755.\u00a0 Les objets que nous avons vus et qui \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s comme des <em>Nara inkin<\/em> repr\u00e9sentaient en g\u00e9n\u00e9ral de grands motifs de rinceaux de pivoines, dans un style assez simple et pr\u00e9sentant de grands aplats dor\u00e9s. La plupart du temps imprim\u00e9s sur fond de toile de soie sauvage, ils semblent avoir constitu\u00e9 une production faite pour, voire par des monteurs d\u2019\u0153uvres graphiques. Dans l\u2019univers du montage, les Nara inkin ne sont pas consid\u00e9r\u00e9s comme des objets de grande valeur.<\/p>\n<figure id=\"attachment_380\" aria-describedby=\"caption-attachment-380\" style=\"width: 195px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-380\" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0111.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"272\" srcset=\"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0111.jpg 287w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/IMG_0111-215x300.jpg 215w\" sizes=\"(max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-380\" class=\"wp-caption-text\"><em>Ky\u00f4-inkin<\/em> figurant dans un registre de <em>meibutsugire<\/em>. Coll. Particuli\u00e8re. \u00a9V. Blaise<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><em>Ky\u00f4-inkin<\/em>.<\/strong> Les<em> ky\u00f4-inkin<\/em> auraient constitu\u00e9 une production kyoto\u00efte, d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e de m\u00eame que les <em>Nara inkin<\/em> en 1755. Les <em>ky\u00f4 -inkin<\/em> que nous avons pu observer sont imprim\u00e9s de petits motifs \u00e0 la poudre de m\u00e9taux m\u00e9lang\u00e9s, souvent oxyd\u00e9s, sur un adh\u00e9sif souvent devenu noir\u00e2tre.<\/p>\n<p><strong><em>Itoya inkin<\/em>.<\/strong> D\u2019apr\u00e8s le nom, probablement les productions d\u2019un artisan nomm\u00e9 Itoya.<\/p>\n<p><em><strong>Ichimoku inkin.<\/strong><\/em> Le <em>Gay\u00fbmanroku<\/em> (cit\u00e9 par Suzuki) parle d\u2019inkin de grande valeur, faits sur fond de gaze.<\/p>\n<p>Selon le <em>Chakasuikoz\u00f4<\/em> (1843, cit\u00e9 par Suzuki), les deux cat\u00e9gories ci-dessus feraient partie des <em>ky\u00f4-inkin.<\/em><\/p>\n<p><em>Karikaneya inkin, Tomoeya inkin, Tatebe inkin, K\u00f4ya inkin, Rankei inkin, Hachibei inkin<\/em>\u2026 correspondraient aux productions d\u2019artisans japonais qui leur auraient donn\u00e9 leur nom.<\/p>\n<p><em><strong>Tensu inkin<\/strong>.<\/em> L\u2019origine du terme provient d\u2019une peinture dat\u00e9e de l\u2019\u00e9poque Muromachi, qui \u00e9tait mont\u00e9e avec ce type de tissu. Il s\u2019agit de tissus peints \u00e0 la l\u2019or coquille et rehauss\u00e9s de pigments. Bien qu\u2019il ne s\u2019agisse pas techniquement d\u2019une impression, les <em>tensu inkin<\/em> sont consid\u00e9r\u00e9s comme des inkin de qualit\u00e9 moyenne.<\/p>\n<p><em><strong>Kin-sarasa.<\/strong><\/em> Il ne s\u2019agit plus de techniques d\u2019impression au pochoir et l\u2019esth\u00e9tique est tout \u00e0 fait diff\u00e9rente de celles de objets sino-japonais, mais les indiennes ponctu\u00e9es d\u2019or, produites en Inde et en Indon\u00e9sie, sont tr\u00e8s pris\u00e9es dans le domaine de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9. Elles figurent souvent comme une cat\u00e9gorie annexe de tissus inkin.<\/p>\n<p>Le manque de documentation pr\u00e9cise sur l\u2019ensemble de ces objets rend difficile leur identification \u00e0 une cat\u00e9gorie. Cependant certaines pi\u00e8ces japonaises sont clairement identifiables par leur style, qui privil\u00e9gie des motifs nippons, relativement \u00e9pur\u00e9s, avec des lignes douces. Certains motifs semblent \u00e9galement avoir \u00e9t\u00e9 faits sur mesure pour s\u2019adapter \u00e0 des montages d\u2019\u0153uvres peintes\u00a0: motifs discrets, petits rapports de dessin\u2026 L\u2019observation attentive de la technique donne \u00e9galement des indications importantes quant \u00e0 l\u2019origine g\u00e9ographique des pi\u00e8ces (<span style=\"color: #993366;\"><a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/12\/01\/observation-dun-corpus-dinkin\/\">plus de d\u00e9tails<\/a><\/span>). Cependant, comme le confesse le restaurateur Oka, l\u2019attribution dans les ateliers d\u2019une origine chinoise ou japonaise \u00e0 un inkin se fait un peu au ressenti et n\u2019est pas sans \u00eatre influenc\u00e9e par une \u00e9chelle de valeur qui place les objets chinois anciens, les \u00ab\u00a0<em>karamono<\/em> \u00bb, au-dessus des productions japonaises. Commercialement parlant, on pr\u00e9f\u00e8rera donc toujours penser que l\u2019on monte une \u0153uvre de valeur avec un inkin chinois.<\/p>\n<p><strong>Dans le montage\u00a0: pratiques<\/strong><\/p>\n<p>Il ne semble pas que les tissus inkin aient \u00e9t\u00e9 employ\u00e9s pour le montage des <em>kakekiju<\/em> en Chine. C\u2019est pourtant leur principal usage au Japon. Le montage des \u0153uvres peintes ainsi que des documents graphiques est constitu\u00e9 d\u2019une s\u00e9rie de doublages r\u00e9alis\u00e9s avec des papiers diff\u00e9rents, d\u2019un encadrement textile (les tissus \u00e9tant eux-m\u00eames doubl\u00e9s de papier), et de deux b\u00e2tons de bois d\u00e9limitant le haut et le bas de l\u2019\u0153uvre. Dans le monde de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 plus que dans l\u2019univers religieux ou mus\u00e9al, les tissus de montage sont valoris\u00e9s au m\u00eame titre que l\u2019\u0153uvre elle-m\u00eame\u00a0; c\u2019est peut-\u00eatre \u00e0 cela que l\u2019on doit le grand nombre de montages issus du monde du Th\u00e9 employant des inkin. Les<em> Chakai-ki<\/em> (textes relatant des c\u00e9r\u00e9monies de th\u00e9) de l\u2019\u00e9poque Momoyama mentionnent fr\u00e9quemment des \u0153uvres mont\u00e9es de tissus inkin, mais on pense que cette pratique remonte m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Muromachi. Les inkin les plus recherch\u00e9s sont les plus anciens, dat\u00e9s de la Chine des Song aux Ming et imprim\u00e9s sur gaze <em>ra<\/em> violette.<\/p>\n<figure id=\"attachment_210\" aria-describedby=\"caption-attachment-210\" style=\"width: 353px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-210\" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Meibutsugire-Gotoh-2001_01-e1511900525122.jpg\" alt=\"\" width=\"353\" height=\"316\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-210\" class=\"wp-caption-text\"><em>Kakejiku<\/em> publi\u00e9 dans le catalogue <em>Meibutsugire<\/em> du Mus\u00e9e Gotoh, les <em>ch\u00fbmawashi<\/em> et les <em>f\u00fbtai<\/em> sont en inkin.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Du fait de leur raret\u00e9, les tissus inkin sont rarement pr\u00e9sents sur les parties les plus larges du montage, et constituent en g\u00e9n\u00e9ral les <em>ichimonji<\/em>, les <em>f\u00fbtai<\/em>, et parfois les <em>ch\u00fbmawashi<\/em> (dans l\u2019ordre les bandes les plus \u00e9troites et les plus proche de l\u2019\u0153uvre, les pattes de suspension fix\u00e9es au b\u00e2ton sup\u00e9rieur, et les bandes interm\u00e9diaires, situ\u00e9es entre les <em>ichimonji<\/em> et les bandes haute et basse du montage). Certaines \u0153uvres rares contredisent n\u00e9anmoins ce constat et sont int\u00e9gralement mont\u00e9es en inkin. C\u2019est le cas d\u2019une peinture chinoise repr\u00e9sentant le bouddha Sakyamuni, conserv\u00e9e au temple J\u00f4ken-in de Kyoto, et d\u00e9sign\u00e9e Bien culturel important.<\/p>\n<p>L\u2019usage originel des inkin employ\u00e9s pour le montage n\u2019est pas toujours clair, et nous pensons qu\u2019il \u00e9tait multiple. L\u2019<em>oshiwake inkin<\/em> \u00e0 motif <em>wakuta<\/em> de la collection Maeda (cf.supra) provient d\u2019un montage qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fait\u00a0; l\u2019inversion de l\u2019orientation des motifs de damier selon un axe qui suit une trace de pli fait penser \u00e0 un remploi de v\u00eatement semblable \u00e0 celui conserv\u00e9 au Silk museum de Hangzhou (<span style=\"color: #993366;\"><a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/11\/13\/de-la-chine-au-japon-histoire-des-tissus-inkin\/\">plus de d\u00e9tails<\/a><\/span>), sur lequel la ligne d\u2019\u00e9paule serait rest\u00e9e marqu\u00e9e. Le catalogue de l\u2019exposition <em>Meibutsugire<\/em> publi\u00e9 par le Mus\u00e9e Gotoh en 2001, fait figurer (cat.fig.11) un po\u00e8me de Kint\u00f4 Fujiwara, dat\u00e9e du 11e si\u00e8cle, dont les <em>ch\u00fbmawashi<\/em> sont constitu\u00e9s d\u2019un inkin \u00e0 motifs de pivoines sur fond violet. Selon la notice du catalogue, il s\u2019agirait d\u2019un r\u00e9emploi de tissu de kesa (1).\u00a0 Selon le restaurateur M. Oka, que nous avons interrog\u00e9 \u00e0 ce sujet, il est peu probable que les kesa anciens aient pu constituer une r\u00e9elle ressource pour les monteurs, la raison \u00e9tant la structure des manteaux, compos\u00e9e de bandes \u00e9troites, repli\u00e9es sur les bords et assembl\u00e9es par couture. D\u2019une part, le format des tissus et les marques laiss\u00e9es par le montage du v\u00eatement constituent des obstacles au remploi ; d\u2019autre part, le d\u00e9pe\u00e7age d\u2019un kesa, objet de transmission dot\u00e9 d\u2019une valeur prophylactique, constitue en soi un acte de destruction blasph\u00e9matoire.<\/p>\n<p>L\u2019extr\u00eame pr\u00e9ciosit\u00e9 des tissus inkin anciens entraine un certain nombre de pratiques particuli\u00e8res dans le montage. Pour indication, un inkin ancien peut \u00eatre vendu aux alentours de 50\u00a0000 yens le <em>sun<\/em> (environ 3cm), environ 10\u00a0000\u00a0000 yens le <em>shaku<\/em> (env. 30cm). Ce sont les tissus de montage les plus chers. Pour cette raison les tissus peuvent \u00eatre vendus au <em>tsubo<\/em>, une unit\u00e9 de mesure \u00e9galement employ\u00e9e pour les <em>kinran<\/em> (tissus fa\u00e7onn\u00e9s dor\u00e9s) et les <em>kinsha<\/em> (gazes fa\u00e7onn\u00e9es dor\u00e9es) et qui repr\u00e9sente environ une surface de 3x3cm.<\/p>\n<p>Pour un atelier de restauration, le fait d\u2019obtenir un tissu inkin pour en faire un montage est tout \u00e0 fait exceptionnel. Le choix d\u2019employer un inkin pour une \u0153uvre est le fruit d\u2019une longue r\u00e9flexion, qui tient compte de l\u2019\u00e9poque, de l\u2019esth\u00e9tique et de l\u2019esprit du tissu, la relation qu\u2019il va entretenir avec l\u2019\u0153uvre \u00e0 encadrer. Puis, tous les soins sont pris pour \u00e9viter tout gaspillage.<\/p>\n<figure id=\"attachment_303\" aria-describedby=\"caption-attachment-303\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-303\" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/tsukihari.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"100\" srcset=\"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/tsukihari.jpg 400w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/tsukihari-300x75.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-303\" class=\"wp-caption-text\">Fragment de bande de montage r\u00e9alis\u00e9e selon la technique du <em>tsukihari<\/em>; six fragments d&rsquo;inkin ont \u00e9t\u00e9 assembl\u00e9s c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Coll. Miho Museum. \u00a9 Miho Museum.<\/figcaption><\/figure>\n<p>A cause de cela on tol\u00e8re, uniquement pour les inkin, la pratique du <em>tsukihari<\/em>, qui consiste \u00e0 r\u00e9aliser des raccords de fragments entre eux afin de reconstituer une bande suffisamment grande pour faire le montage. On trouve parfois des morceaux compos\u00e9s de minuscules fragments d\u2019inkin, pas toujours issus du m\u00eame tissu, et assembl\u00e9s en mosa\u00efque afin de faire illusion. A l\u2019inverse, certains grands montages, o\u00f9 les inkin sont repli\u00e9s sur les bords de mani\u00e8re qu\u2019une portion en reste invisible, repr\u00e9sentent des t\u00e9moignages d\u2019un luxe extr\u00eame.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les inkin retir\u00e9s d\u2019une \u0153uvre pour une raison ou une autre, sont fr\u00e9quemment transpos\u00e9s sur une autre, malgr\u00e9 leur \u00e9tat d\u2019usure.<\/p>\n<p>La raret\u00e9 et la valeur que les inkin anciens ont acquis dans le monde du montage ont eu pour cons\u00e9quence logique les nombreuses tentatives de reprise de la technique par les monteurs japonais, jusqu\u2019\u00e0 nos jours, mais le vide reste non combl\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La collection Maeda\u3000<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_163\" aria-describedby=\"caption-attachment-163\" style=\"width: 199px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-163 \" src=\"http:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/saito-maeda-1.jpg\" alt=\"\" width=\"199\" height=\"465\" srcset=\"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/saito-maeda-1.jpg 300w, https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/saito-maeda-1-129x300.jpg 129w\" sizes=\"(max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-163\" class=\"wp-caption-text\">Fragment d&rsquo;inkin issu de la collection Maeda, collection Sait\u00f4<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans l\u2019histoire du collectionnisme japonais des <em>meibutsugire<\/em>, un exemple historique ne peut pas ne pas \u00eatre \u00e9voqu\u00e9, qui est celui de la collection Maeda. Le clan Maeda a r\u00e9gn\u00e9 en tant que seigneurs sur la province de Kaga durant toute la p\u00e9riode Edo. Le seigneur de la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, Toshitsune Maeda (1593-1658), \u00e9tait un grand collectionneur d\u2019objets d\u2019importation\u00a0; il constitua une collection de tissus \u00e9trangers qu\u2019il achetait sur les march\u00e9s du Kansai et de Nagasaki, ouverts sur la mer. La collection ainsi constitu\u00e9e fut rassembl\u00e9e en quatre grands registres, o\u00f9 les tissus ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 plat, doubl\u00e9s et coll\u00e9s.<\/p>\n<p>Les tissus de la collection Maeda sont de sortes tr\u00e8s vari\u00e9es, <em>kinran, donsu, kinsha<\/em>, mais la collection a la particularit\u00e9 de rassembler un nombre impressionnant de tissus inkin de grands formats. Beaucoup d\u2019entre eux sont des tissus qui \u00e9taient employ\u00e9s comme tissus de montage, et ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9mont\u00e9s pour \u00eatre consign\u00e9s dans les registres.<\/p>\n<p>Les registres ont \u00e9t\u00e9 vendus \u00e0 tour de r\u00f4le, et sont aujourd\u2019hui dispers\u00e9s. L\u2019un est entr\u00e9 r\u00e9cemment dans les collections du Mus\u00e9e National de Ky\u00fbsh\u00fb. L\u2019un a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pec\u00e9 et dispers\u00e9 et deux autres sont en la possession de l\u2019atelier de restauration Oka Bokk\u00f4d\u00f4, qui les avait acquis afin d\u2019y puiser des tissus pour de nouveaux montages. Les tissus ainsi dispers\u00e9s sont fr\u00e9quemment visibles dans les expositions diverses, o\u00f9 ils sont parfois mont\u00e9s en <em>kakejiku<\/em>. On peut en avoir un aper\u00e7u \u00e0 travers <em>Ayame no Hana<\/em>, un recueil de photogravures publi\u00e9 en 1926 par la famille Oka apr\u00e8s l\u2019acquisition d\u2019un des registres qui y est enti\u00e8rement reproduit. Le lien suivant permet de voir un fragment, issu d\u2019un autre registre, aujourd\u2019hui conserv\u00e9 dans la collection Sait\u00f4.<\/p>\n<p>(1) <em>Kesa<\/em> : manteau de moine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De nos jours m\u00eame au Japon, la plupart des gens n\u2019ont jamais entendu parler des inkin et le sujet n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement gu\u00e8re \u00e9voqu\u00e9 que dans deux domaines, la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 et le montage des<a class=\"read-more\" href=\"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/11\/25\/les-tissus-inkin-au-japon-a-lere-moderne\/\">Lire la suite&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":166,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[19,11],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/inkin-project.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/mise-en-avant-hyogu.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161"}],"collection":[{"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=161"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":980,"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161\/revisions\/980"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/166"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=161"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=161"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=161"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}