{"id":158,"date":"2017-11-24T22:55:34","date_gmt":"2017-11-24T21:55:34","guid":{"rendered":"http:\/\/inkin-project.com\/?p=158"},"modified":"2018-02-01T23:27:13","modified_gmt":"2018-02-01T22:27:13","slug":"au-japon-le-surihaku","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/2017\/11\/24\/au-japon-le-surihaku\/","title":{"rendered":"Au Japon, le surihaku"},"content":{"rendered":"<p>Le <em>surihaku<\/em> est la technique japonaise qui consiste \u00e0 imprimer des textiles avec une feuille d\u2019or ou d\u2019argent, en l\u2019appliquant sur des motifs imprim\u00e9s \u00e0 la colle \u00e0 travers un pochoir. La d\u00e9finition telle quelle est donc similaire \u00e0 celle du inkin. Cependant, du fait de diff\u00e9rences dans la technique et dans l\u2019usage, les objets sont tr\u00e8s diff\u00e9rents.<!--more--><\/p>\n<p>Le <em>surihaku<\/em> est parent du <em>nuihaku<\/em>, o\u00f9 l\u2019application de la feuille est combin\u00e9e \u00e0 la broderie, et du <em>kirihaku<\/em>, une technique qui consiste \u00e0 d\u00e9couper pr\u00e9alablement les feuilles selon la forme du motif et \u00e0 les appliquer sur l\u2019adh\u00e9sif frais, pos\u00e9 simultan\u00e9ment avec un pinceau.<\/p>\n<p>Ces techniques sont propres au domaine du l\u2019habillement et se retrouvent au cours de l\u2019histoire sur les kimonos les plus luxueux. On retrouve souvent dans la bibliographie l\u2019id\u00e9e, \u00e9mise avec plus ou moins de r\u00e9serve, que le <em>surihaku<\/em> serait un d\u00e9riv\u00e9 du inkin chinois. Un regard attentif sur l\u2019histoire des techniques invite cependant \u00e0 consid\u00e9rer cette th\u00e9orie avec prudence.<\/p>\n<p>L\u2019origine des techniques d\u2019application de feuille d\u2019or sur textile au Japon n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9e. A l\u2019\u00e9poque de Nara (710-794), la fabrication des feuilles d\u2019or et les techniques de placage et de dorure, notamment celle du <em>kirihaku<\/em>, sont pratiqu\u00e9es sur les statues bouddhiques. Aucun t\u00e9moin contemporain de la technique transpos\u00e9e au textile n\u2019a cependant \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9. A l\u2019\u00e9poque Heian, deux recueils de loi t\u00e9moignent de son existence, un texte de 894, ainsi que le <em>Engishiki<\/em>, dat\u00e9 de 927. La litt\u00e9rature contemporaine fait par ailleurs de nombreuses descriptions de pi\u00e8ces d\u2019habillement, <em>hakama, karaginu<\/em> etc, orn\u00e9s de motifs \u00e0 la feuille d\u2019or, et ce donc bien avant l\u2019arriv\u00e9e des premiers tissus inkin chinois sur l\u2019archipel japonais.<\/p>\n<p>Cette tradition s\u2019est ensuite poursuivie parmi la classe militaire sous les \u00e8res Kamakura et de Muromachi ; au 15e si\u00e8cle, la pose d&rsquo;or et d\u2019argent sur les v\u00eatements constituait une industrie florissante. C\u2019est durant l\u2019\u00e9poque Muromachi que l\u2019on parle du d\u00e9veloppement du <em>nuihaku<\/em> et du <em>surihaku<\/em>.\u00a0 Durant l\u2019\u00e9poque Momoyama, (1573-1603), le <em>nuihaku<\/em> connait une vogue particuli\u00e8re avec le <em>tsujigahana<\/em>, o\u00f9 il est combin\u00e9 \u00e0 la teinture \u00e0 r\u00e9serves ligatur\u00e9es et \u00e0 l\u2019encre.<\/p>\n<p><em>Un d\u00f4fuku en surihaku dat\u00e9 de l&rsquo;\u00e8re Momoyama est<a href=\"http:\/\/www.emuseum.jp\/detail\/100561\/001\/001?word=surihaku&amp;d_lang=en&amp;s_lang=en&amp;class=&amp;title=&amp;c_e=&amp;region=&amp;era=&amp;cptype=&amp;owner=&amp;pos=1&amp;num=6&amp;mode=simple&amp;century=\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #993366;\"> visible en ligne sur la base ekokuhou<\/span><\/a>.<\/em><\/p>\n<p>Puis durant Edo, l\u2019usage du <em>surihaku<\/em> et du <em>nuihaku<\/em> se retrouve sur les <em>kosode<\/em> de l\u2019\u00e8re Keicho, avant de conna\u00eetre un essor particulier du fait de lois somptuaires. En 1651, puis \u00e0 partir de 1682, le gouvernement des Tokugawa tente de mettre un frein au luxe de l\u2019industrie textile en promulguant une s\u00e9rie de lois r\u00e8glementant le tissage de l\u2019or. L\u2019impression directe des feuilles sur le textile permet alors de contourner les lois par des techniques moins chronophages, mais dont le r\u00e9sultat est tout aussi resplendissant. De ce contexte naissent les <em>kosode Kanbun<\/em>, o\u00f9 le <em>surihaku<\/em> occupe une place pr\u00e9pond\u00e9rante.<\/p>\n<p><span style=\"font-family: Calibri;\"><span style=\"color: #000000;\">Le <span style=\"color: #993366;\"><a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/www.emuseum.jp\/detail\/100557\/001\/004?word=surihaku&amp;d_lang=en&amp;s_lang=en&amp;class=&amp;title=&amp;c_e=&amp;region=&amp;era=&amp;cptype=&amp;owner=&amp;pos=1&amp;num=4&amp;mode=simple&amp;century=\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><i>surihaku<\/i><\/a><\/span> et le <span style=\"color: #993366;\"><a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/www.emuseum.jp\/detail\/100555\/001\/005?word=surihaku&amp;d_lang=en&amp;s_lang=en&amp;class=&amp;title=&amp;c_e=&amp;region=&amp;era=&amp;cptype=&amp;owner=&amp;pos=1&amp;num=3&amp;mode=simple&amp;century=\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><i>nuihaku<\/i><\/a><\/span> sont \u00e9galement tr\u00e8s pr\u00e9sents dans les costumes de th\u00e9\u00e2tre n\u00f4, encore aujourd\u2019hui. Les costumes dits Surihaku sont port\u00e9s par les r\u00f4les f\u00e9minins, sous la veste constitu\u00e9e du Nuihaku ou du Karaori. Durant la seconde moiti\u00e9 du 17<sup><span style=\"font-size: small;\">e si\u00e8cle<\/span><\/sup>, le <i>surihaku<\/i> n\u2019\u00e9tait plus r\u00e9serv\u00e9 au monde des militaires mais \u00e9tait aussi r\u00e9pandu dans la sph\u00e8re bourgeoise. Il semblerait qu\u2019il ait ensuite d\u00e9clin\u00e9 et ait un moment disparu du march\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Selon Araki (<em>in <\/em><span style=\"color: #993366;\"><a style=\"color: #993366;\" href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/sources\/\"><i>Senshoku to seikatsu<\/i><\/a><\/span>), ce que l\u2019on voit de nos jours sous le nom de <i>surihaku<\/i> ou de <i>inkin<\/i> dans le domaine du kimono est en r\u00e9alit\u00e9 une technique n\u00e9e d\u2019un revival des ann\u00e9es 1900, diff\u00e9rente des pratiques en vogue jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque Edo. Les raisons de cette disparition seraient \u00e0 chercher dans les r\u00e8glementations somptuaires ou dans l\u2019\u00e9volution des go\u00fbts.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b><span style=\"font-family: Calibri;\">Techniques du <i>surihaku <\/i><\/span><\/b><b><i><span lang=\"JA\" style=\"margin: 0px; font-family: 'Yu Mincho',serif;\">\u3000<\/span><\/i><\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Les \u0153uvres en <i>surihaku<\/i> et <i>kirihaku<\/i> pr\u00e9sentent comme caract\u00e9ristiques d\u2019\u00eatre tr\u00e8s planes, avec une couche adh\u00e9sive fine, sans relief et tr\u00e8s souple. Souvent sur les objets anciens, la feuille m\u00e9tallique est fortement us\u00e9e et laisse apparaitre l\u2019adh\u00e9sif sur de vastes lacunes. Celui-ci est relativement incolore, blanch\u00e2tre \u00e0 vaguement jaune. Il pr\u00e9sente parfois des d\u00e9formations en cuvette. En outre, les objets sont la proie privil\u00e9gi\u00e9e des cafards, amateurs d\u2019amidon. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Il est toujours difficile d\u2019\u00e9crire au sujet de techniques anciennes, dans la mesure o\u00f9 au sein d \u2018une m\u00eame profession, les pratiques varient d\u2019un atelier \u00e0 l\u2019autre et ne sont souvent transmises que par voie orale. La technique d\u00e9crite par Mistumasa Wada, artisan apprenti en <em>surihaku<\/em> dans les ann\u00e9es 1965-70, consistait \u00e0 m\u00e9langer de la colle d\u2019amidon avec de la <em>funori<\/em>, une colle d\u2019algue. La colle d\u2019amidon pouvait \u00eatre une colle de riz, de riz glutineux, ou de bl\u00e9. Au Japon le riz est fr\u00e9quemment utilis\u00e9, probablement car il est particuli\u00e8rement facile de s\u2019en procurer, ainsi qu&rsquo;en raison de son fort pouvoir collant. Parce que la colle telle quelle est trop raide, les artisans la faisaient reposer au frais (sous le plancher) jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle s\u2019assouplisse. On la diluait ensuite dans de la colle d\u2019algue, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019eau pour sa viscosit\u00e9 (qui permet de limiter la diffusion lat\u00e9rale de l\u2019adh\u00e9sif dans le textile) et son pouvoir collant. Pour faire adh\u00e9rer une feuille d\u2019or bien fine, la <em>funori<\/em> pouvait suffire. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Le tissu \u00e9tait fix\u00e9 tendu au plan de travail selon la technique du <i>ji-ire<\/i>\u00a0: la table est encoll\u00e9e \u00e0 la brosse par une colle d\u2019amidon l\u00e9g\u00e8re que l\u2019on laisse s\u00e9cher. L\u2019adh\u00e9sif est ensuite r\u00e9activ\u00e9 par vaporisation et le tissu fix\u00e9 dessus. Cette m\u00e9thode permet de maintenir le tissu \u00e0 plat et de le pr\u00e9venir des variations dimensionnelles au moment de l\u2019application de la colle humide. Les d\u00e9p\u00f4ts de colle laiss\u00e9s sur le revers du tissu sont n\u00e9gligeables et il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de laver le tissu. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">La colle est pos\u00e9e \u00e0 la spatule \u00e0 travers les pochoirs de papier (le <i>kakishibu<\/i>&#8211;<i>gami,<\/i> un papier enduit au jus de kaki, solide et r\u00e9sistant \u00e0 l\u2019eau) et, une fois le pochoir retir\u00e9, la feuille d\u2019or ou d\u2019argent est pos\u00e9e dans le frais. Le s\u00e9chage achev\u00e9, on brosse l\u2019exc\u00e9dent de feuille qui se d\u00e9tache des zones non encoll\u00e9es.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Afin d\u2019assouplir les objets une fois imprim\u00e9s, le tissu \u00e9tait \u00e9tir\u00e9 \u00e0 la main dans le sens des deux biais, de mani\u00e8re \u00e0 briser le film de colle. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Dans le <i>kirihaku<\/i> employ\u00e9 sur bois, dans le domaine de la statuaire bouddhique, c\u2019est la colle animale qui est employ\u00e9e en m\u00e9lange avec la colle d\u2019algue, cette derni\u00e8re n\u2019ayant qu\u2019un r\u00f4le d\u2019adjuvant du fait de sa viscosit\u00e9. Dans le domaine du kimono cependant, la colle animale n\u2019est, selon M. Wada, employ\u00e9e que sur les objets de mauvaise qualit\u00e9 ou sur les costume de kabuki, en raison de son manque de souplesse. La colle de riz, bien que rigide \u00e0 la base, peut \u00eatre assouplie si elle est employ\u00e9e comme d\u00e9crit ci-dessus. Enfin, elle ne brunit pas avec le temps. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Certains \u00e9crits renseignent sur les techniques anciennes. Le <i>Manbunsho hiden<\/i>, publi\u00e9 en 1651 (cit\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/inkin-project.com\/index.php\/fr\/sources\/\"><span style=\"color: #993366;\">Kitamura<\/span><\/a>), donne une m\u00e9thode de fabrication de la colle\u00a0: avec un tissu l\u00e9ger, on filtre la <em>funori<\/em> que l\u2019on a extraite \u00e0 haute temp\u00e9rature et on la laisse reposer une nuit, jusqu\u2019\u00e0 disparition de l\u2019\u00e9cume. On y ajoute ensuite de la colle de riz. L\u2019auteur cite \u00e9galement des textes d\u2019origine inconnue, o\u00f9 l\u2019on fait mention de blanc d\u2019\u0153uf \u00e0 la place de la colle d\u2019algue, ou encore d\u2019un m\u00e9lange de colle de <i>kuzu<\/i> (<i>pueraria labota<\/i>), de colle d\u2019algue,et de colle animale additionn\u00e9e d\u2019alun. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Selon Kitamura, les objets datant de Momoyama jusqu\u2019au milieu d\u2019Edo seraient plus solides que les objets modernes. Il serait donc \u00e0 penser qu\u2019il existait des secrets d\u2019atelier, r\u00e9sidant soit dans les ingr\u00e9dients des adh\u00e9sifs, soit dans les mises en \u0153uvre ou tout simplement dans la qualit\u00e9 des mat\u00e9riaux s\u00e9lectionn\u00e9s. <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Les techniques contemporaines et le <em>kinsai<\/em><\/span><\/b><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">On entend aujourd\u2019hui parfois le terme de <i>kinsai<\/i>, ou encore de <i>kinsai yuzen<\/i>. Le terme a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Mitsumasa Wada dans les ann\u00e9es 1970, afin de d\u00e9signer une forme moderne d\u2019impression de feuille m\u00e9tallique sur textile, issue du <i>surihaku<\/i>. L\u2019adh\u00e9sif employ\u00e9 est un m\u00e9lange d\u2019adh\u00e9sifs synth\u00e9tiques mis au point afin de r\u00e9sister \u00e0 l\u2019usure, au lavage et aux insectes. L\u2019adh\u00e9sif est pass\u00e9 \u00e0 travers soit des pochoirs de type traditionnel, en papier synth\u00e9tique, soit des \u00e9crans de s\u00e9rigraphie dont le motif est r\u00e9alis\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 un vernis photosensible. Les feuilles, enti\u00e8res ou r\u00e9duites en poudre, peuvent \u00eatre d\u2019or ou d\u2019argent, mais \u00e9galement d\u2019aluminium teint\u00e9 aux colorants synth\u00e9tiques. Les objets r\u00e9alis\u00e9s sont tr\u00e8s color\u00e9s et r\u00e9sistent \u00e0 l\u2019oxydation. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Avant de cr\u00e9er le terme de <i>kinsai<\/i>, M. Wada travaillait en tant qu\u2019artisan de \u00ab\u00a0inkin\u00a0\u00bb, ce qui t\u00e9moigne bien de la large acception du terme dans le langage courant. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Par ailleurs, on trouve chez certains fournisseurs de tissus de montage pour les \u0153uvres graphiques des tissus vendus sous le terme d\u2019inkin, et qui reproduisent avec plus ou moins de bonheur des motifs traditionnels d\u2019inkin anciens (<i>hana-usag<\/i>i etc), mais r\u00e9alis\u00e9s en <i>kinsai<\/i>. <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.wada-mitsumasa.com\/\"><span style=\"color: #993366;\">http:\/\/www.wada-mitsumasa.com\/<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le surihaku est la technique japonaise qui consiste \u00e0 imprimer des textiles avec une feuille d\u2019or ou d\u2019argent, en l\u2019appliquant sur des motifs imprim\u00e9s \u00e0 la colle \u00e0 travers un pochoir. 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